Nouveau Conseil des ministres : positionner la transformation alimentaire au cœur des priorités économiques
Article rédigé en collaboration avec Christian Bazinet, Vice-président, Contenus et campagne électorale
La composition du Conseil des ministres, annoncée hier après-midi, nous donne une première indication des orientations que le nouveau gouvernement du Parti Québécois entend privilégier et de la place qu’il accordera aux grands secteurs économiques du Québec. Les prochaines semaines seront déterminantes pour comprendre comment ces orientations se traduiront dans les politiques, les programmes et les décisions qui touchent nos entreprises. Le gouvernement doit maintenant traduire ses engagements en conditions concrètes permettant aux entreprises d'investir, d'innover et de croître.
Tout au long de la campagne électorale, le CTAQ a travaillé à faire connaître aux différentes formations politiques les enjeux, les préoccupations et les réalités des entreprises de transformation des aliments et des boissons. Les rencontres organisées avec plusieurs candidats ont permis de présenter concrètement les défis du secteur, mais aussi sa contribution à l’économie québécoise, à la vitalité des régions et à la sécurité alimentaire.
Ce travail constitue aujourd’hui un point d’appui pour la suite. Le CTAQ entend poursuivre ses échanges avec le nouveau Conseil des ministres et l’ensemble des formations représentées à l’Assemblée nationale, afin que les réalités de l’industrie soient prises en compte dès le début du mandat. Notre objectif est clair : faire avancer des solutions qui renforcent la compétitivité des entreprises et leur capacité à investir, à innover et à accroître leur productivité.
Des priorités gouvernementales qui interpellent notre industrie
Dans le contexte de la passation des pouvoirs entre les gouvernements sortant et entrant, le nouveau premier ministre a annoncé cinq priorités pour le prochain exercice :
- Répondre à la crise tarifaire et encadrer les relations avec les États-Unis dans le contexte des négociations entourant l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM);
- Établir une planification à court terme de l’immigration;
- Réduire la bureaucratie;
- Amorcer un examen des exigences réglementaires en vue de les alléger.
- Faire progresser l’entente avec Terre-Neuve-et-Labrador concernant Churchill Falls;
Ces priorités soulèvent certains des enjeux liés à la compétitivité de nos entreprises. Les coûts et la disponibilité de l’énergie, l’accès à la main-d’œuvre, les échanges commerciaux et le fardeau réglementaire influencent leurs décisions d’investissement et leur capacité à soutenir la concurrence. Le CTAQ entend donc saisir les occasions de dialogue avec le gouvernement pour faire valoir les besoins particuliers de l’industrie et contribuer à la recherche de solutions adaptées à sa réalité.
La mise à jour économique annoncée par le premier ministre sera également un moment important pour mieux situer les premières décisions du gouvernement et les moyens qui seront consacrés au développement économique du Québec.
Miser sur la cohérence gouvernementale
Au-delà de ses dossiers prioritaires, le CTAQ insistera sur un principe transversal : la cohérence des politiques, des programmes et des règlements qui touchent les entreprises de transformation alimentaire. La multiplication des exigences, les dédoublements administratifs et le manque d’arrimage entre les interventions gouvernementales peuvent compliquer les démarches et freiner les projets. Une action gouvernementale mieux coordonnée permettrait de simplifier l’accès aux programmes, de mieux soutenir les investissements productifs et de donner aux entreprises des conditions plus prévisibles pour se développer.
Cette cohérence passe également par une reconnaissance claire de la transformation alimentaire comme secteur manufacturier essentiel et stratégique. Premier secteur manufacturier du Québec, l’industrie rassemble près de 2 000 entreprises et représente environ 40 milliards de dollars en livraisons ainsi que plus de 75 000 emplois directs. Elle transforme une grande part de la production agricole québécoise, crée des débouchés pour les producteurs d’ici et contribue à la vitalité économique des régions.
Pourtant, son rôle économique ne se traduit pas toujours par un accès adapté aux leviers de développement manufacturier. Le CTAQ souhaite donc que la transformation alimentaire soit pleinement intégrée aux priorités économiques du Québec et que le ministère de l’Économie y joue un rôle de premier plan dans le pilotage de sa compétitivité, de ses investissements, de sa productivité et de son innovation, en complémentarité avec les autres ministères concernés, tout en maintenant le lien essentiel avec le MAPAQ sur la Politique bioalimentaire.
Le travail se poursuit
Le CTAQ aborde cette nouvelle étape avec la volonté de maintenir un dialogue ouvert et constructif avec les élus et les équipes gouvernementales. Nous avons fait connaître les enjeux de l’industrie tout au long de la campagne électorale. Nous souhaitons travailler rapidement avec le nouveau gouvernement et les groupes parlementaires pour établir des solutions concrètes.
La transformation alimentaire ne doit pas être considérée uniquement sous l’angle de l’alimentation ou de l’agriculture. Elle est aussi un pilier manufacturier, un moteur économique et un maillon essentiel de nos chaînes d’approvisionnement. Lui donner les moyens de gagner en productivité, d’innover et d’investir, c’est renforcer la capacité économique du Québec.
Renforcer la transformation alimentaire, c’est renforcer l’économie du Québec.
Pour prendre connaissance de la liste des ministres titulaires de portefeuilles concernant l’industrie de la transformation des aliments et des boissons, veuillez cliquer ici : (hyperlien)