Le 15 mai dernier se tenait la rencontre annuelle des partenaires de la Politique bioalimentaire sous la présidence du ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation, M. Donald Martel. Cette journée a permis de réunir les principaux acteurs de la filière bioalimentaire québécoise autour d’échanges portant sur les priorités et les défis de notre secteur.
La première ministre, Mme Christine Fréchette, était présente pour ouvrir l’événement et annoncer deux mesures importantes : une enveloppe de 87 M$ visant à rembourser les coûts liés à la tarification carbone assumés par les entreprises agricoles ainsi qu’un investissement annuel de 8,8 M$ afin de bonifier l’aide accordée à la relève agricole. Le gouvernement a également annoncé la nomination de Mme Audrey Bogemans à titre d’adjointe parlementaire responsable de la québécisation des chaînes d’approvisionnement, un mandat qui pourrait avoir des retombées positives pour les transformateurs alimentaires et de boissons du Québec.
Par ailleurs, des mesures de soutien additionnelles ont été annoncées pour les secteurs des pêches et de l’aquaculture commerciale.
Si ces investissements témoignent de la volonté gouvernementale de soutenir plusieurs maillons de la filière bioalimentaire, force est de constater que le secteur de la transformation alimentaire et des boissons est reparti de cette rencontre sans annonce spécifique répondant à ses besoins immédiats. Aucun renouvellement n’a été annoncé pour des programmes pourtant stratégiques pour notre industrie, notamment le Programme Transformation Alimentaire (PTA), qui soutenait les investissements en productivité, compétitivité et performance environnementale des entreprises, ni pour le Programme Alimentation Santé, qui favorisait le développement et la mise en marché d’aliments plus sains.
L'industrie s'interroge sur le support du MAPAQ à l'ensemble des maillons de la filière bioalimentaire. Le ministère doit mettre en place les moyens pour atteindre les cibles ambitieuses de la Politique 2025-2035.
Dans un contexte marqué par une concurrence accrue, des pressions sur les coûts d’exploitation, des enjeux de productivité et la nécessité d’accélérer les investissements en automatisation et en innovation, le maintien d’outils adaptés à la réalité des transformateurs demeure essentiel.
Le CTAQ poursuivra donc ses représentations auprès du gouvernement afin de rappeler l’importance économique stratégique du secteur de la transformation alimentaire, premier secteur manufacturier au Québec et premier employeur manufacturier, et la nécessité de mettre en place des mesures concrètes permettant à nos entreprises de demeurer compétitives, innovantes et créatrices de richesse dans toutes les régions du Québec.
Au-delà des annonces, cette rencontre a néanmoins permis de nombreux échanges avec les partenaires gouvernementaux et les acteurs de l’ensemble de la filière bioalimentaire. Ces occasions de dialogue demeurent importantes pour faire progresser les enjeux de notre industrie et renforcer notre position auprès des décideurs publics.
À quelques mois du déclenchement de la prochaine campagne électorale québécoise, le CTAQ entend d'ailleurs intensifier ses efforts de représentation afin que les enjeux de la transformation alimentaire occupent la place qu'ils méritent dans le débat public et auprès des différents partis politiques. Au cours des prochaines semaines, nous déploierons une stratégie d'affaires publiques ambitieuse visant à faire connaître les priorités de notre industrie et les solutions que nous proposons pour renforcer la compétitivité du secteur bioalimentaire québécois.
Pour y parvenir, nous aurons besoin de l'engagement et de la mobilisation de nos membres partout au Québec. Les entreprises de transformation alimentaire sont présentes dans pratiquement toutes les circonscriptions et constituent des acteurs économiques incontournables dans leurs communautés. Ensemble, nous pourrons faire entendre la voix de notre industrie auprès des candidats et des futurs élus afin que la transformation alimentaire soit reconnue à sa juste valeur comme un moteur économique stratégique pour le Québec et ses régions. Les détails sur notre approche proposée suivront au courant de l’été.
Restez à l’affût!