Pressions économiques persistantes et perspectives pour 2026

25 février 2026
par Dimitri Fraeys
Le contexte économique demeure exigeant pour les entreprises de transformation alimentaire. Entre la hausse des coûts réglementaires, les pressions sur la main-d’œuvre et la volatilité des marchés, l’année en cours constitue un véritable test de résilience pour le secteur.  

Un choc financier lié à la modernisation de la collecte sélective 

La mise en œuvre du nouveau système de collecte sélective « 5 étoiles », dans le cadre de la responsabilité élargie des producteurs (REP), exerce une pression financière majeure sur les entreprises. L’année actuelle est marquée par un chevauchement des coûts : les transformateurs doivent assumer simultanément les charges associées à l’ancien régime et celles du nouveau système. 

Face à cette situation, le CTAQ poursuit activement ses représentations afin d’obtenir : 

- des ajustements réglementaires concrets; 
- des mesures d’aide transitoires; 
- une meilleure équité entre producteurs; 
- une trajectoire de coûts plus soutenable à moyen et long terme. 

Compétitivité et commerce : une mobilisation pancanadienne 

Lors de la récente rencontre d’Aliments et boissons Canada (ABC-FBC), à laquelle le CTAQ a participé, les priorités stratégiques du secteur ont été au cœur des discussions : productivité, accès aux marchés, politiques commerciales et environnement réglementaire. 

Dans un contexte mondial plus concurrentiel, l’industrie canadienne doit miser sur : 

- l’automatisation et l’innovation pour accroître la productivité; 
- des accords commerciaux favorables; 
- un cadre réglementaire prévisible et cohérent. 

La coordination nationale des efforts de représentation, notamment en matière de REP, demeure essentielle afin d’assurer une approche harmonisée et viable à travers le pays. 

Perspectives économiques 2026 

Les prévisions économiques pour 2026 laissent entrevoir : 

- un ralentissement graduel de l’inflation, bien que les coûts demeurent structurellement plus élevés qu’avant la pandémie; 
- une stabilisation progressive des taux d’intérêt, susceptible d’alléger la pression sur le financement des entreprises; 
- une demande alimentaire relativement stable, malgré une sensibilité accrue des consommateurs aux prix; 
- une intensification de la concurrence internationale, notamment sur les marchés d’exportation. 

Dans ce contexte, la compétitivité reposera de plus en plus sur l’efficacité opérationnelle, l’innovation et la capacité des entreprises à absorber les chocs réglementaires et économiques. 

Renforcer la résilience des entreprises 

Certaines actions peuvent contribuer à atténuer la pression financière et à consolider la position des transformateurs : 

- analyser en détail la structure des coûts REP afin d’identifier les leviers d’optimisation (matériaux, volumes, écofiscalité); 
- évaluer les investissements en automatisation qui peuvent améliorer la productivité et réduire la dépendance à la main-d’œuvre; 
- optimiser la gestion des stocks et des flux logistiques pour limiter les coûts de financement; 
- explorer les programmes d’aide disponibles (prêts, subventions, soutien à l’innovation); 
- participer activement aux consultations sectorielles afin d’influencer les règles du jeu. 

Une mobilisation essentielle 

Bien que plusieurs décisions réglementaires soient déjà en cours d’application, leur mise en œuvre et leur évolution peuvent encore être influencées. Le CTAQ demeure pleinement mobilisé pour défendre les intérêts de ses membres, aplanir la courbe des coûts et préserver la viabilité du secteur. 

Dans un environnement incertain, la force collective et une représentation structurée demeurent des leviers incontournables pour assurer la compétitivité et la pérennité de l’industrie de la transformation alimentaire au Québec. 
Secteurs :
  • Économie