Le 18 mars, le ministre des Finances du Québec a présenté son huitième et dernier budget sous le gouvernement de François Legault. Axé sur la rigueur et le contrôle des dépenses, il reflète une marge de manœuvre limitée, alors qu’une enveloppe de plus d’un milliard de dollars est déjà réservée aux priorités du prochain ou de la prochaine chef(fe).
Pour le CTAQ, ce cadre budgétaire se traduit par des investissements ciblés, mais insuffisants au regard des besoins du secteur. Les 1,7 milliard de dollars annoncés sur cinq ans pour la transition économique — incluant 700 M$ pour l’adaptation des entreprises, 430 M$ pour l’essor culturel et 580 M$ pour les PME en région — constituent un signal, mais leur portée réelle demeure à confirmer. Il en va de même pour les 375 M$ prévus dans le cadre du programme ESSOR, dont les modalités restent à préciser. À court terme, ces mesures ne permettront pas d’améliorer significativement la situation financière des entreprises agroalimentaires.
La situation est particulièrement préoccupante en ce qui concerne la compétitivité du secteur bioalimentaire. L’enveloppe de 95 M$ sur trois ans — dont seulement 20 M$ en 2026 — apparaît largement insuffisante pour soutenir l’adaptation technologique du principal secteur manufacturier du Québec. Il est raisonnable de s’attendre à ce que ces sommes soient rapidement épuisées, sans répondre pleinement aux besoins sur le terrain.
Certaines mesures viennent atténuer des pressions spécifiques, notamment les 21 M$ pour les banques alimentaires et les 27 M$ destinés à réduire l’impact du tarif 2025 de la collecte sélective pour les entreprises de moins de 100 M$ de chiffre d’affaires. Toutefois, elles demeurent ponctuelles et ne changent pas les défis structurels auxquels font face les entreprises.
Ce budget s’inscrit par ailleurs dans un contexte économique plus fragile. L’incertitude géopolitique et les chocs tarifaires pèsent sur la croissance, avec un PIB attendu à 1,1 % en 2026 et 1,4 % en 2027. La perte de 57 300 emplois en février — soit l’équivalent des emplois créés en 2025 — illustre bien ce ralentissement.
Sur le plan des finances publiques, le déficit est ramené à 9,9 G$ pour 2025-2026 et projeté à 8,6 G$ l’année suivante, avec un retour à l’équilibre prévu en 2030. Un objectif ambitieux, dont la réalisation dépendra des décisions à venir.
Dans ce contexte, le CTAQ continuera de défendre vos intérêts et de vous soutenir. Alors que l’incertitude persiste, la capacité d’adaptation des entreprises sera déterminante — un enjeu qui sera au cœur des échanges lors du Congrès 2026 du CTAQ, sous le thème « Dominer l’incertitude ».
L’équipe du CTAQ sera au rendez-vous pour échanger avec vous. Continuons d’avancer ensemble!