Nouvelle première ministre, nouvelles priorités : positionner notre industrie dès maintenant

23 avril 2026
par Sylvie Cloutier
L’arrivée de la nouvelle première ministre du Québec marque un moment charnière pour l’environnement d’affaires et les secteurs économiques stratégiques. Dès les premières semaines du mandat, plusieurs annonces et engagements structurants donneront le ton à cette nouvelle phase, avec des impacts directs pour l’industrie de la transformation alimentaire. 

Parmi ces mesures, l’engagement de Mme Fréchette visant le retrait de certaines taxes sur des produits alimentaires représente une annonce majeure qui retient l’attention. Cette orientation aura certainement un effet direct et immédiat sur le prix du panier d’épicerie pour les consommateurs, ce qui constitue un objectif important en contexte inflationniste. 

Pour notre secteur, cette mesure pourrait également avoir des effets indirects positifs, notamment en soutenant la demande globale et en contribuant à la stabilité de certains segments du marché. Dans cette perspective, le CTAQ entend analyser les retombées de cette mesure et poursuivre ses représentations afin d’évaluer les meilleures façons d’en maximiser les bénéfices pour les entreprises de transformation. 

Cette initiative ouvre également la porte à une réflexion plus large sur l’harmonisation fiscale des produits alimentaires au Canada. Le CTAQ entend d’ailleurs inviter le gouvernement fédéral à considérer un alignement similaire en matière de TPS sur les produits alimentaires concernés afin d’assurer une cohérence des politiques publiques et un traitement équitable à l’échelle canadienne. A l’inverse, l’annonce de l’allégement fiscal sur l’essence par le fédéral devrait aussi être considérée par le gouvernement du Québec. 

Sur le plan de la main-d’œuvre, le gouvernement a réitéré son intention d’ajuster certaines orientations liées à l’immigration économique. Le CTAQ salue notamment la reconnaissance des enjeux entourant la prévisibilité des programmes, incluant le Programme de l’expérience québécoise (PEQ), un levier essentiel pour nos entreprises. Il s’agit d’une priorité que nous avons clairement portée auprès des décideurs et sur laquelle des engagements avaient déjà été exprimés. 

Par ailleurs, les orientations gouvernementales concernant l’approvisionnement des institutions publiques en produits alimentaires québécois constituent un signal positif pour notre industrie. Une meilleure intégration des entreprises de transformation alimentaire dans les politiques d’achat public permettrait de renforcer la production locale et l'innovation, de soutenir les investissements et de consolider les chaînes de valeur au Québec.   

Le CTAQ a d’ailleurs participé aux consultations sur la Stratégie gouvernementale des marchés publics et a réitérer l'importance d'ajustements ciblés nécessaires visant à améliorer l’efficacité et l’agilité de la politique actuelle tout en répondant à l’objectif gouvernementale d’une plus grande autonomie alimentaire. Il apparaît notamment nécessaire d’accélérer la traduction des cibles d’achat québécois en adaptant davantage les appels d’offres aux capacités réelles des entreprises d’ici, par le découpage des contrats, l’introduction de volumes progressifs et des durées favorisant l’investissement.   

Sur le plan réglementaire, plusieurs dossiers demeurent prioritaires. La mise en œuvre de la collecte sélective et de la responsabilité élargie des producteurs (REP) doit se faire dans un cadre prévisible, équitable et économiquement viable pour les entreprises. La position administrative édictée par le ministère de l'environnement doit aboutir en une réglementation adaptée par le conseil des ministres avant le déclenchement des élections.  

De même, des efforts soutenus en matière d’allègement réglementaire restent nécessaires afin de soutenir la compétitivité, notamment dans certains segments comme celui des boissons alcooliques. 

Enfin, le CTAQ continue de porter un message structurant pour l’avenir du secteur : la nécessité de reconnaître pleinement la transformation alimentaire comme une industrie manufacturière stratégique. Cette évolution implique un meilleur arrimage des leviers économiques, d’innovation et d’investissement, afin d’assurer une cohérence accrue des politiques publiques et un accès optimal aux outils de développement industriel. 

Dans un contexte où les décisions gouvernementales se multiplient rapidement, il est essentiel que notre industrie soit non seulement consultée, mais pleinement reconnue comme un moteur central de l’économie québécoise. 

Le CTAQ poursuivra activement ses représentations dans les prochaines semaines afin de faire avancer ces priorités et de positionner la transformation alimentaire comme un partenaire incontournable du développement économique du Québec. 

La suite des décisions gouvernementales sera déterminante, et notre secteur sera au rendez-vous!
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