Le gouvernement du Québec a annoncé qu’il permettra désormais la vente des prêts-à-boire à base de spiritueux dans les épiceries et dépanneurs. Jusqu’à maintenant, ces produits étaient exclus de ce canal de distribution, contrairement aux prêts-à-boire à base de malt, de vin ou de cidre.
L’Union québécoise des microdistilleries (UQMD), association membre du CTAQ, travaille activement sur ce dossier depuis très longtemps. Cette collaboration témoigne de la capacité du secteur à se mobiliser et à proposer des solutions concrètes pour moderniser l’environnement d’affaires.
Cette décision marque un changement majeur pour l’industrie des spiritueux et constitue un pas important vers la modernisation du cadre réglementaire. Elle corrige une incohérence de longue date entre les différentes catégories de boissons alcooliques offertes aux consommateurs québécois.
Un marché en croissance enfin accessible
Le segment des prêts-à-boire connaît une croissance soutenue et représente un axe stratégique pour plusieurs microdistilleries québécoises. En ouvrant l’accès au réseau des épiceries et des dépanneurs, le gouvernement adapte la réglementation aux nouvelles tendances de consommation et crée des occasions additionnelles de développement pour les entreprises d’ici.
Une mise en œuvre déterminante pour les PME
Si la mesure est saluée comme un grand pas dans la bonne direction, ses modalités d’application seront déterminantes.
L’accès au marché, les conditions commerciales et l’espace tablette devront être structurés de manière à soutenir les PME québécoises. Sans mécanismes adaptés, l’ouverture pourrait surtout bénéficier aux grandes multinationales disposant de budgets promotionnels importants et d’un fort pouvoir de négociation.
Le risque est réel : des produits importés, plus facilement accessibles et fortement soutenus par le marketing, pourraient capter l’espace en magasin et substituer les ventes des producteurs québécois plutôt que stimuler leur croissance.
Des réformes structurantes toujours attendues
Malgré cette avancée, l’industrie des spiritueux québécois demeure confrontée à des obstacles structurels importants. Les enjeux de fiscalité, de majoration, d’accès aux marchés et de compétitivité face aux autres provinces et aux entreprises étrangères continuent de freiner le développement des distilleries d’ici.
L’absence d’un statut clair pour les distilleries de petite taille maintient un déséquilibre qui fragilise leur rentabilité. Depuis plus de dix ans, le secteur réclame la reconnaissance officielle d’un statut de « petite distillerie », assorti d’allègements adaptés, comme c’est déjà le cas ailleurs au Canada.
Le CTAQ poursuivra son appui aux démarches de l’UQMD afin que cette avancée réglementaire se traduise par des retombées concrètes pour les PME québécoises et qu’elle s’inscrive dans une réforme plus large, essentielle à la vitalité et à la compétitivité de l’industrie des spiritueux au Québec.