À ce stade-ci, alors que la pression financière sur les entreprises de transformation alimentaire atteint un niveau critique, plusieurs se demandent s’il ne serait pas plus sage de prendre une pause. Une pause pour réfléchir collectivement au système de collecte sélective « 5 étoiles » que les pouvoirs publics souhaitent mettre en place, à son rythme d’implantation, à ses coûts et à sa soutenabilité pour les producteurs.
Soyons clairs : un tel recul est aujourd’hui pratiquement impossible sans provoquer une interruption dommageable des services de collecte sélective aux citoyens. Le système est en marche, les responsabilités sont transférées, les mécanismes sont enclenchés. Rétropédaler aurait des conséquences immédiates sur la continuité du service public, ce qui n’est ni réaliste ni souhaitable.
Cela ne signifie pas pour autant que tout est figé. Bien au contraire. L’enjeu central devient désormais d’utiliser tous les leviers possibles pour aplatir la courbe ascendante des coûts et limiter les impacts financiers sur les producteurs, déjà fragilisés par un contexte économique extrêmement tendu.
C’est précisément sur ce terrain que le CTAQ est mobilisé au quotidien. Nos équipes multiplient les représentations afin d’obtenir :
- Des ajustements réglementaires concrets et pragmatiques ;
- Des mesures d’aide gouvernementales transitoires ;
- Une meilleure équité entre les producteurs, notamment en fonction des volumes, des matériaux et des réalités sectorielles ;
- Une reconnaissance plus juste des efforts déjà consentis par les entreprises.
Le ministère de l’Environnement va nous transmettre la position administrative en février afin qu’ÉEQ soit en mesure d’effectuer les calculs pour les tarifs 2027 au plus vite et sur la base de ces changements. Nous nous attendons à ce que les changements réglementaires soient paru en Gazette 2 avant le déclenchement des élections provinciales.
Les résultats peuvent parfois sembler modestes à court terme, surtout face à l’ampleur des factures reçues. Pourtant, ces gains, souvent techniques et invisibles, auront des effets structurants à moyen et long terme sur la trajectoire des coûts et sur l’équilibre du système.
L’année en cours est particulièrement difficile. Elle correspond à une année de cumul, où les entreprises doivent absorber simultanément les coûts de l’ancien système et ceux du nouveau régime de responsabilité élargie des producteurs. Cette superposition crée un choc financier majeur, sans précédent pour plusieurs entreprises.
Vous avez dû recevoir les 4 factures de la PFP2026 ainsi que 2 factures pour le tarif 2025. Le coût total du système en 2026 dépasse les 800M $ soit 487M $ pour la PFP 2026 et 327M $ pour le tarif. Inouï!
Il est aussi essentiel de bien distinguer les factures actuellement reçues. Les factures liées au tarif 2025 reflètent encore l’ancien cadre (Régime de compensation jusqu’au 31 décembre 2024), tandis que les factures PFP 2026 correspondent au nouveau système, avec une logique, des paramètres et une structure de coûts fondamentalement différents. Cette distinction est cruciale pour comprendre ce qui relève d’une transition temporaire… et ce qui s’inscrit dans la durée.
Pour les entreprises qui ont de la difficulté à payer les factures du tarif 2025, pour le remboursement des dépenses 2024, il est important de communiquer avec le Services aux producteurs d’ÉEQ afin de manifester vos enjeux. Vous avez reçu les factures le 14 janvier pour paiement au 31 janvier.
ÉEQ est conscient que les délais sont courts et que ça peut affecter votre trésorerie. De plus, les entreprises qui ont des ventes de moins de 100 millions de dollars sont admissibles à un prêt. Comme les modalités de celui-ci sont toujours en négociation entre IQ et EEQ, les entreprises qui expriment leur intérêt pour ce prêt n’auront pas à le rembourser avant que les modalités soient connues.
Le CTAQ continue de porter la voix de ses membres avec rigueur et détermination. Parce que si nous ne pouvons plus arrêter la machine, nous pouvons — et devons — en influencer la vitesse, les règles, la durée et la trajectoire. C’est un travail exigeant, parfois ingrat, mais absolument essentiel pour préserver la viabilité de notre secteur.