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Au nom du Conseil de la transformation alimentaire du Québec, je veux d’abord féliciter toutes les personnes qui ont participé à la dernière élection fédérale comme candidat(e), et plus particulièrement le Premier ministre Justin Trudeau, tous les chefs de partis et leurs élu(e)s.

Le Parti Libéral de Justin Trudeau formera un gouvernement minoritaire avec 157 sièges, soit un peu moins que les 170 sièges requis pour détenir une majorité. Il est important de noter que, pour la première fois en 40 ans, le parti qui a obtenu le plus grand nombre de votes à l’élection fédérale n’a pas obtenu le plus grand nombre de sièges. 

En effet, les conservateurs de Andrew Scheer ont obtenu 34,4 % des votes et les libéraux ont suivis de près avec 33,1 %. Près des trois quarts des députés du caucus libéral viendront de l’Ontario et du Québec. Les provinces atlantiques et la Colombie-Britannique seront aussi représentés alors qu’aucun député de l’Alberta et de la Saskatchewan ne siégera au sein de la députation libérale fédérale.

Les conservateurs ont remporté 121 sièges, soit une vingtaine de plus qu’en 2015. Les votes ont été fortement concentrés en Saskatchewan, en Alberta et dans les régions rurales de l’Ontario. Le Parti conservateur a récolté 10 sièges au Québec, soit deux de moins qu’à la dissolution de la chambre.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) conserve 24 sièges, ayant perdu 15 de ses députés. Il ne reste qu’un seul député NPD au Québec. Bien qu’il soit passé au quatrième rang à la Chambre des communes, le NPD a suffisamment de sièges pour détenir la balance du pouvoir dans un gouvernement libéral minoritaire. 

Le Bloc Québécois a quant à lui connu une remontée spectaculaire en récoltant 32 sièges, soit 22 de plus qu’en 2015. Le Bloc constitue maintenant le troisième parti, en terme de nombre de députés, à la Chambre des communes. 

Le Parti vert a remporté trois sièges et a fait un gain important au Nouveau-Brunswick tandis que Maxime Bernier a perdu son siège en Beauce, citant comme un des facteurs déterminants de sa défaite la mobilisation du secteur laitier contre sa promesse d’abolir la gestion de l’offre. Finalement, la députée indépendante Jody Wilson-Raybould a également été réélue dans sa circonscription de Vancouver-Granville.

Marie‑Claude Bibeau, première femme à occuper le poste de ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire dans l’histoire canadienne, a été réélue. Même chose pour le porte-parole du Parti conservateur en matière d’agriculture, Luc Berthold, et le porte-parole du NPD en matière d’agriculture, Alistair MacGregor. Nous suivrons de près les nominations du gouvernement et des partis d’opposition dans les prochaines semaines. Souhaitons que le Premier ministre nommera à nouveau Mme Bibeau dans les mêmes fonctions lorsqu’il dévoilera son Cabinet le 20 novembre prochain.

La gouvernance d’un gouvernement minoritaire demande plus de mobilisation et de négociations afin d’obtenir un appui ponctuel d’autres partis ou de députés pour adopter un projet de loi, puisque chaque vote nécessite une majorité en chambre. Les députés d’arrière-ban, qui n’avaient que peu ou pas d’influence sous un gouvernement majoritaire, ont beaucoup plus de pouvoir en période de gouvernement minoritaire. Voilà comment le NPD, par exemple, pourrait faire avancer son propre agenda même s’il est le quatrième Parti, au chapitre du nombre de députés élus, au parlement canadien.

Rappelons qu’un gouvernement minoritaire est aussi un gouvernement qui n’a pas les coudées franches et qui risque d’être défait à la moindre occasion, sur un vote du budget par exemple. Cela signifie que les promesses électorales du Parti libéral ne seront pas nécessairement réalisées dans ce nouveau mandat.

Pendant la campagne électorale, la plateforme du Parti libéral proposait, spécifiquement pour les entreprises agroalimentaires, de simplifier les services et accroître les investissements pour aider les producteurs et les transformateurs d’aliments du Canada à prospérer et à croître.  On parle d’une aide accrue et plus rapide en fusionnant les services financiers et consultatifs actuellement répartis entre plusieurs organismes pour les regrouper sous Financement agricole Canada, qui verra son mandat élargi et renforcé. La nouvelle entité, Développement agricole et alimentaire Canada, servira de point de service unique pour aider tous les secteurs de l’économie alimentaire du Canada à se développer, à croître et à exporter vers de nouveaux marchés. Cette nouvelle entité aura une capacité de prêt en capital accrue de 5 milliards de dollars par année. Le Parti libéral s’est aussi engagé à veiller à ce que les agriculteurs des secteurs soumis à la gestion de l’offre obtiennent l’aide dont ils ont besoin pour réussir.

D’ailleurs, le chef du NPD, Jagmeet Singh, a présenté sa liste de priorités qu’il pourra faire valoir puisqu’il détient la balance du pouvoir. En ce qui concerne le secteur agroalimentaire, mentionnons que la plateforme du NPD comprenait des objectifs tels qu’une plus grande indemnisation pour les secteurs soumis à la gestion de l’offre, la protection des exportations canadiennes contre des représailles commerciales et un soutien à la recherche publique en agroalimentaire.

Sans surprise, les enjeux de la transformation alimentaire ont été quasi-absents de la campagne électorale de 2019. Les plateformes électorales des différents partis n’ont à peu près pas abordé le secteur de la transformation des aliments, et si elles le faisaient, c’était pour appuyer - ou non, dans le cas du parti de Maxime Bernier - la gestion de l’offre.  Peut-être que dans le contexte d’un gouvernement minoritaire, les différents acteurs politiques se montreront plus sensibles aux enjeux de réglementation, de compétitivité, de main-d’oeuvre, en particulier dans le dossier des travailleurs étrangers temporaires, et d’innovation qui sont propres à notre industrie.  

Il est plus que temps que le secteur alimentaire reprenne la place qui lui revient sur l’échiquier fédéral.

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