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Granby, le 31 mai 2022 – Acculées au pied du mur et confrontées à l’inaction gouvernementale, plusieurs microdistilleries québécoises déclareront faillite avant la fin de l’été, à moins qu’une solution soit mise de l’avant.

« Il est minuit moins une. Le contexte réglementaire et législatif étouffe les microdistilleries et si rien ne change, ce sera la fin pour plusieurs d’entre nous », a déclaré le président de l’Union québécoise des microdistilleries, Jonathan Roy.

Considérée par plusieurs comme un fleuron québécois, l’industrie succombe tranquillement à l’apathie du ministère des Finances, grand protecteur d’une majoration imposée par la Société des alcools du Québec (SAQ) lors de la vente sur le lieu de fabrication. À cet égard, le Québec est l’endroit dans le monde où la majoration sur les spiritueux est la plus élevée lorsque vendu directement sur les lieux de fabrication.

Résultat : près de deux microdistilleries sur trois sont déficitaires, contraintes de verser plus de 50 % du prix de vente de la bouteille à la SAQ. Ajoutons que cette majoration est la même si cette bouteille est vendue sur le lieu de fabrication, alors que la SAQ n’a aucunement contribué ni à la distribution, ni à la commercialisation, ni à la vente du produit.

Soucieux de perpétuer leur rôle, leur contribution et leurs obligations envers l’économie québécoise quant aux taxes qu’elles versent pour le bénéfice des services publics, les membres de l’UQMD jugent important de verser les mêmes montants de taxation directement à l’État québécois, sans transiger via un intermédiaire illégitime. Par ailleurs, cette solution qui permettra aux microdistilleries québécoises de survivre et d’assurer l’intégrité des coffres de l’État, a récemment été proposée au ministère des Finances. Cette proposition peut être consultée en cliquant ici.

Ainsi, afin de contribuer au même niveau auprès de l’économie québécoise, les membres de l’UQMD demandent d’augmenter la taxe spécifique sur l’alcool afin de remplacer la majoration, cette dernière représentant un service non rendu par la SAQ sur les produits vendus sur le lieu de fabrication.

« Nos membres jugent important de verser les mêmes montants de taxation directement à l’État québécois, sans transiger via la SAQ dont la mission n’est pas d’être relayeur de taxes. Cette solution permettrait aux microdistilleries québécoises de survivre et d’assurer l’intégrité des coffres de l’État », a poursuivi M. Roy.

Les produits québécois perdent de l’espace tablette en succursale

Depuis 2020, une grande majorité des microdistilleries du Québec ont perdu plus du tiers de leurs points de vente en SAQ et conséquemment, ont vu leur profit fondre comme neige au soleil. Le modèle actuel démontre ainsi sa limite à supporter le développement et l’essor de fleurons québécois puisque qu’il privilégie les grands volumes et les nouveautés, sans égard aux produits établis depuis plusieurs années.

Or, les plans d’affaires des microdistilleries doivent pouvoir compter sur une distribution équitable des produits, surtout dans un contexte législatif de distribution monopolistique.

Alors que le gouvernement prône l’importance de l’achat local, les premières microdistilleries à fermer seront celles qui transforment les matières agricoles québécoises jusqu’à la bouteille, car elles sont moins propices aux économies d’échelle, moins aptes à commercialiser une grande variété de produits, plus durement impactées par la croissance du coût des intrants, et tout simplement incapables de dégager des marges profitables sous le modèle de distribution actuel.

Faits saillants :

  • Les microdistilleries sont présentes et représentent un attrait agrotouristique dans toutes les régions du Québec.
  • 70 % des microdistilleries jugent que la plus grande entrave à leur développement est la majoration sur les ventes à la propriété;
  • La SAQ n’intervient d’aucune façon sur les ventes à la propriété, la majoration dans ce contexte est complètement injustifiée;
  • Près du deux-tiers des microdistilleries sont déficitaires;
  • Les marges de profits sont en baisse depuis 2017;
  • Le modèle de distribution axé sur les grands volumes et les nouveautés décourage les produits à forte valeur ajoutée;
  • Le cadre législatif québécois défavorise les producteurs d’ici au détriment des autres producteurs canadiens et internationaux;
  • Il est impossible à la grande majorité des microdistilleries de se développer, voire survivre, dans le contexte actuel.

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