Logo CTAQ
Logo CTAQ

Je veux d’abord vous souhaiter à tous une bonne et heureuse année 2019, très prospère et surtout, remplie de santé !

L'année s’annonce prometteuse en termes de nouveautés, d’opportunités et de défis. Après le dévoilement du nouveau Guide alimentaire canadien en janvier, nous nous attendons à d’autres nouveautés du côté fédéral - d’ici l’élection de l’automne prochain - comme la légalisation du cannabis comestible, le lancement de la Politique alimentaire, des changements réglementaires additionnels aux étiquettes des produits alimentaires ou encore sur la publicité faite aux enfants.

Du provincial, nous apprenons à connaître et à travailler avec un nouveau gouvernement. En 2019, nous pouvons nous attendre à la mise en œuvre de la Politique bioalimentaire québécoise ou encore au dévoilement de la stratégie québécoise de la main-d’œuvre. Depuis l’élection d’octobre dernier, nous avons eu l’opportunité de rencontrer quelques nouveaux élus incluant le ministre du MAPAQ, M. André Lamontagne, et plusieurs rencontres individuelles avec des députés sont à l’agenda. Également, nous avons eu l’occasion de rencontrer tout récemment le ministre des Finances, Éric Girard, dans le cadre des consultations prébudgétaires.

Nous avons pris le temps de positionner l’industrie de la transformation alimentaire comme un solide pilier de l’économie québécoise :

  • 1er secteur manufacturier en importance au Québec avec des livraisons de 29 G$ ;
  • 1er employeur manufacturier au Québec avec près de 70 000 emplois directs et 100 000 emplois indirects ;
  • 1600 entreprises réparties sur l’ensemble du territoire québécois (1 800 établissements) ;
  • Les entreprises du Québec achètent 70 % de la production agricole québécoise ;
  • 3,3 G$ en revenus de taxation et de parafiscalité vers les 3 paliers gouvernementaux dont plus de 2 G$ au Québec;
  • 7,7 G$ du produit intérieur brut en 2017 ; et,
  • 1,7 G$ de balance commerciale en 2017.

Bref, de belles histoires à raconter !


Dans le contexte des consultations prébudgétaires, le CTAQ a identifié 5 enjeux prioritaires pour l’industrie. Voici les enjeux avec quelques-unes des demandes spécifiques faites :

1 - Répondre aux besoins de main-d’oeuvre

En mai 2018, le gouvernement du Québec annonçait la Stratégie nationale sur la main-d’oeuvre (SNMO) qui présente 47 recommandations et un budget de 1,3 G$ sur 5 ans (2018-2023).

L’industrie de la transformation alimentaire suggère que soit gelé un montant de 8 M$ par année sur 5 ans, destiné uniquement au secteur de la transformation alimentaire afin de mettre en œuvre plus d’une dizaine de recommandations qui auront un impact important pour l’industrie, dont le recrutement et la rétention des travailleurs en région; la valorisation des métiers et de notre secteur en région ou encore investir dans les organismes de régionalisation de l’emploi dans le secteur de la transformation alimentaire dans le but d'avoir des employés intéressés.

2 - Assurer la rentabilité en stimulant l’investissement

L’objectif est de stimuler la productivité des usines en assurant le virage numérique 4.0 afin de leur permettre d'être plus compétitives, d’occuper le territoire dans les régions, de développer de nouveaux marchés et de permettre le maintien des sièges sociaux au Québec.

La nouvelle Politique bioalimentaire fixe la cible des investissements à 15 G$ soit une croissance de 3 G$ entre 2015 et 2025. Les investissements des entreprises du Québec doivent rattraper le retard par rapport aux entreprises ontariennes.

En plus du programme de robotisation (MAPAQ) et du programme Essor (MEI), l’industrie demande d’avoir accès à des prêts garantis par Investissement Québec (IQ) à un taux d’intérêt de 0 % pendant les 3 premières années puis dégressif afin d’améliorer le bilan, les liquidités (cash-flow) et les ratios financiers.

3 - Prioriser l’innovation

Fort de sa présence économique, le secteur de la transformation alimentaire (TA) désire se doter d’une stratégie qui lui est propre comme les secteurs de l’aéronautique, de l’aluminium et de la construction. L’industrie aimerait un budget de démarrage de 1,5 M$ par an pendant 5 ans.

L’Université McGill et le CTAQ ont lancé le consortium de recherche en transformation alimentaire (RITA) qui répond aux besoins en R-D des entreprises de TA. Le MAPAQ y a investi 5 M$ et les entreprises y contribuent à hauteur de 30 %. Du financement additionnel est requis notamment du ministère de l’Économie et de l’Innovation (MEI).

Les entreprises en TA ont beaucoup de difficulté à obtenir les crédits d'impôt à la Recherche scientifique et développement expérimental (RS-DE), au point que plusieurs entreprises ont décidé de ne plus les réclamer alors que l’objectif de ce programme est de récompenser les entreprises qui innovent. Il faut se questionner à savoir si Revenu Québec peut inciter les entreprises en TA à investir davantage en R et D.

4 - Adaptation réglementaire et développement des marchés

Les changements réglementaires annoncés par le gouvernement fédéral (guide alimentaire, règlement sur la salubrité alimentaire, traçabilité, étiquetage nutritionnel, révision de l’inspection, emballage sur le devant (FOP)) vont occasionner des coûts faramineux d’ici au 14 décembre 2022 incluant : nouvelle analyse pour l’étiquette nutritionnelle, nouveaux design d’emballage, frais d’agence marketing, nouveaux stocks d’emballage, reformulation et développement de nouveaux produits afin de respecter le 15 % de l’apport quotidien recommandé, renouvellement des photos pour GS1 et ECCnet, référencement (code QR), coûts pour ajouter les nouveaux SKU (codes à barres) dans la base de données, etc.

Nous avons donc demandé une aide financière aux entreprises qui devront se conformer aux multiples changements réglementaires fédéraux jusqu’en 2022.

Le Canada a signé de nouveaux accords commerciaux : ACEUM, PTPGP, AECG. Le Canada s’est fixé comme objectif d’augmenter à 85 G$ les exportations agroalimentaires. La Politique bioalimentaire a fixé la cible d’augmentations des exportations bioalimentaires à +6 G$. Pour atteindre ces cibles, les entreprises ont besoin de veille de marchés, d’accompagnement et de bien connaître la réglementation de chacun de ces pays. Un ajout de 5 M$ / an pendant 5 ans sera nécessaire pour permettre aux entreprises du Québec de bien comprendre les nouveaux accords, pouvoir identifier des marchés, adapter des produits à ces nouveaux marchés et se conformer à leurs réglementations.

5 - Développement durable et sécurité bioalimentaire

En matière d’environnement, le statu quo n’est plus permis et les entreprises de transformation alimentaire sont aux prises avec de multiples défis qu’elles doivent considérer sans retard que ce soit pour la réduction des emballages et des matières plastiques; la mise à niveau des usines pour la gestion de l’eau et de l’énergie ; ou encore, le bannissement de l’enfouissement des matières organiques au 31 décembre 2022.

L’actualité nous démontre que pour avoir une économie stable, les gouvernements doivent investir dans des valeurs sûres qui seront le pilier d’une société forte. Les faits nous démontrent que pour 1 $ investi par le MAPAQ dans la transformation des aliments, 9 $ sera investi par l’industrie. Ce dollar est déterminant en termes de ratio financier, car il permet aux projets de robotisation, d'automatisation et du virage numérique d'être plus rentable (meilleur ROI) et d'être accueilli favorablement par les décideurs financiers des entreprises. C’est un effet de levier primordial.


L’industrie de la transformation alimentaire veut faire partie intégrante des solutions concertées du changement tant sur le plan de l’amélioration de l’offre que sur le plan du gaspillage alimentaire et de la croissance propre.

L’industrie alimentaire veut faire sa part dans la croissance économique de la province et le CTAQ demande au gouvernement un appui au secteur agroalimentaire à la hauteur de son importance.  Souhaitons que le nouveau gouvernement de François Legault soit à l’écoute et passe à l’action !

 

Nouvelles associées

23 janvier

2019

23 janvier

2019

Le CTAQ et ses membres

Comité Kombucha