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Nous vivons une grave pénurie de main-d'œuvre. Tous les secteurs et toutes les entreprises sont touchés. Nous savions depuis au moins 10-15 ans que le Québec allait connaître un enjeu de main-d'œuvre avec, notamment, le départ à la retraite des baby-boomers, mais rien n’a été fait pour aider à prévenir ou à alléger cette crise. La pandémie a accéléré les départs à la retraite et la pénurie de la main-d'œuvre est maintenant une réalité pour tous, et cette réalité est encore plus sévère en région.

Jamais je n’ai vu autant de fermetures dues à cette pénurie. Par exemple, la grande majorité des restaurants, du moins en région, doivent fermer quelques jours par semaine ou tôt en fin de journée pour pallier cette crise. Plusieurs commerces n’ont pu rouvrir leurs portes qu'à la fin des quarantaines, faute de travailleurs.

Tous les jours, nous recevons des appels d’entrepreneurs en transformation alimentaire qui cherchent désespérément des solutions au manque de travailleurs dans leur entreprise. Le secteur de la transformation des aliments, étant le premier employeur manufacturier au Québec et dont les entreprises sont situées surtout en région, est plus durement touché que d’autres secteurs.

Les employés de bureau, les propriétaires et leurs familles doivent travailler plusieurs heures par semaine dans leurs usines pour pallier le manque de main-d'œuvre s’ils veulent poursuivre leurs activités dont la mission est simple : nourrir la population du Québec. On parle aussi de la survie et de la pérennité des entreprises.

Le premier ministre, en présence de ses collègues Jean Boulet et Danielle McCann, annonçait cette semaine son « Opération main-d’œuvre - Un investissement sans précédent de 3,9 G$ pour s’attaquer à la rareté de la main-d’œuvre ».

Près de 80 mesures ciblant principalement six domaines d’activité ont été dévoilées, mettant avant tout l’accent sur « trois services publics essentiels » (secteurs de la santé et des services sociaux, de l’éducation et celui des services de garde à l’enfance) et sur « trois domaines économiques stratégiques qui offrent des emplois bien rémunérés » (les technologies de l’information, le génie et la construction) parce qu’ils participent à l’accroissement de la productivité des entreprises de différents secteurs d’activité.

Le gouvernement se fixe aussi pour objectif d’attirer, de former et de requalifier 170 000 travailleurs dans ces secteurs ciblés. Parallèlement à la mise en place de ces mesures, le gouvernement misera, entre autres, sur la régionalisation de l’immigration pour répondre aux besoins en matière de main-d’œuvre de toutes les régions du Québec.

Parmi les mesures de cette opération, le gouvernement du Québec offrira une nouvelle allocation de 475 $ par semaine aux travailleurs sans emploi qui acceptent de faire un retour aux études dans un secteur ciblé. En conférence de presse, le 30 novembre dernier, le premier ministre a dit « Il faut combler deux sortes d’emplois : ceux que j’appellerais essentiels et ceux stratégiques ».

En ne faisant aucune mention du secteur agroalimentaire, le premier ministre lance le message que notre industrie ne semble ni essentielle ni stratégique. Pourtant, l’industrie agroalimentaire a été reconnue, plus que jamais, comme essentielle dans les vingt derniers mois. Notre industrie semble avoir été mise de côté dans le dernier énoncé économique du gouvernement ainsi que dans la récente « Opération main-d'œuvre ».  Rien de particulier pour le premier employeur manufacturier de la province!

Ma crainte est que cette « Opération » vienne drainer les travailleurs de l’agroalimentaire (et accentue encore davantage la pénurie) pour les amener vers les secteurs identifiés par le gouvernement comme essentiels et stratégiques. Nous ne sommes évidemment pas contre la vertu et nous reconnaissons qu’il y a des besoins criants partout. Mais qu’on utilise des fonds publics avec des mesures qui encourageraient le déplacement des travailleurs de notre secteur vers d’autres avenues met à risque tout le secteur agroalimentaire.  On va finir par connaître des ruptures de la chaîne alimentaire puisque tous, de la terre à la table, connaissent d’importantes pénuries de personnel.

Je réalise que les décisions sont difficiles à prendre dans la situation actuelle où tous les secteurs et entrepreneurs vivent des situations difficiles en raison de la pénurie de main-d'œuvre. Je suis quand même fascinée que le secteur alimentaire ne fasse pas partie (du moins, pas encore) des secteurs essentiels et stratégiques identifiés par le gouvernement du Québec. L’aliment est essentiel à l’humain et le secteur agroalimentaire est stratégique et névralgique à l’économie du Québec. Le secteur bioalimentaire, c’est 12% des emplois au Québec, soit 1 emploi sur 8.

Nous sommes vraiment face à un dilemme cornélien!

Sylvie

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