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Depuis les deux dernières années, le gouvernement Legault a entrepris un imposant chantier de modernisation de la collecte sélective ET de la consigne en mettant au premier plan ce qui est appelé la responsabilité élargie du producteur (REP). Cette notion implique que le producteur du contenant est responsable de celui-ci jusqu’à la fin de sa vie utile. Les entreprises qui émettent des contenants, emballages et du matériel imprimé avaient déjà une responsabilité financière dans la collecte sélective actuelle et ce sont des systèmes privés qui gèrent la consigne. Avec les nouvelles règles, les entreprises auront à charge la gestion complète de ces matières.

L’industrie de la transformation des aliments, un des plus importants producteurs de contenants dans notre économie, adhère pleinement à l’intention et aux objectifs que le gouvernement a fixés pour atteindre une réduction considérable des matières résiduelles dirigées vers les sites d’enfouissement. Toute amélioration de la gestion et de la valorisation de la matière produite pour transporter et préserver nos aliments doit permettre une réduction des gaz à effet de serre, un meilleur tri à la source et une valorisation accrue de la matière recyclable.

Avec cette prémisse fondamentale, il apparaissait essentiel de procéder par étape dans une gestion logique pour un projet aussi considérable. Force est de constater un désordre indu dans la suite des travaux de diagnostics, de réflexions, d’analyses et de consultations des parties prenantes et que les moyens ont été imposés avant même la réalisation de chacune des étapes d’un processus rigoureux de gestion de projet.

Ce que l’industrie questionne, ce sont les moyens imposés, c’est la méthode retenue, la séquence illogique et l’urgence exprimée par le gouvernement pour l'atteinte de résultats irréalistes dans les temps impartis. Pourquoi ne pas avoir investi dans des centres de tri modernisés, performants et rentables alors que l’industrie le demandait depuis longtemps? Pourquoi imposer un système qui va quintupler les coûts sans garantie de succès et d’acceptabilité sociale?

Dans le cas des produits alimentaires, les emballages aident les consommateurs à avoir accès à des aliments frais, salubres et qui procurent à ces aliments une durée de vie prolongée. Nos avancées technologiques n’ont toutefois pas encore permis de fabriquer des « matières miracles » qui remplaceraient définitivement les plastiques omniprésents dans la préservation de la qualité des aliments. L’industrie s’y emploie et est très fortement engagée dans ce processus de recherche et de développement.

C’est aussi pour cela que l'industrie alimentaire s'est impliquée dès les premiers instants de la mise en  chantier de ces deux « modernisations » afin de soutenir la réalisation des études d’impacts financiers, des sondages et des projets pilotes. Cette implication a permis de dégager des vices de procédures majeures, en plus d’une méthodologie alambiquée et d’un échéancier totalement irréaliste.

À l’heure où les règlements qui proposent les nouvelles balises d’organisation de collecte des matières sont à l’étude, nous devons lever un drapeau rouge foncé!

L'ordonnancement

Vu l’ampleur du projet et compte tenu de notre connaissance accrue de la réalité organisationnelle et financière anticipée qui impliquait une augmentation substantielle (du simple au double!) des contenants à récupérer, l’industrie a répondu à la demande du ministre pour effectuer les travaux préparatoires et mener les projets-pilotes à l’intérieur de très courts délais. Ces projets pilotes ont démontré que, non seulement les délais étaient au départ irréalistes, mais qu’ils doivent maintenant être révisés à la lumière des informations recueillies.

Et les consommateurs dans tout ça?

Les consommateurs ont été laissés sur le banc de côté. La  vraie réflexion sur les moyens n’a pas été faite avec et pour eux.  

Nous sommes tous des consommateurs. Nos préoccupations environnementales se rejoignent, et tout citoyen est à même de constater les impacts négatifs de mesures qui vont multiplier les GES. En effet, aucune étude environnementale n’a été faite pour évaluer la balance des bénéfices - risques en matière de gaz à effet de serre émis par le transport des matières. Actuellement, la matière consignée est récupérée par les mêmes lignes de transport que celles qui livrent la marchandise dans les commerces. La collecte sélective est gérée par un service de collecte particulier qui fait une route calquée sur le ramassage des ordures ménagères. Le système de consigne modernisé, une fois mis en place et selon le modèle proposé par le gouvernement, AJOUTERA beaucoup de lignes de transport, les camions devant aller chercher la matière dans les centres de dépôt pour les ramener vers les sites de valorisation, les mêmes que ceux de la collecte sélective. 

Mentionnons aussi que les consommateurs devront probablement, à terme, faire une distance supplémentaire pour aller porter leurs contenants consignés dans les centres de dépôt et en retirer leur argent. Avant de refaire une distance vers les commerces où ils s'approvisionnent. Le bilan carbone de ces transports multipliés est proprement - sans mauvais jeu de mots! - effarant.

Avons-nous réellement proposé toutes les solutions possibles aux consommateurs, aux citoyens payeurs des taxes qui seront utilisées pour mettre en place deux systèmes parallèles et non complémentaires? Parce que ne nous leurrons pas, quelqu’un va payer les factures! L’entreprise, dans un premier temps. Mais celle-ci devra négocier des hausses de prix avec les détaillants s’il n’y a pas d’écofrais possible. Actuellement, l’écofrais serait internalisé et donc caché aux consommateurs. Pourtant, un écofrais, comme pour les piles ou les pneus, permettrait aux citoyens de réaliser la valeur de leur implication dans le système de récupération, de recyclage et de valorisation de la matière.

Quoi qu’il en soit, ce serait vraiment judicieux de mettre en place LE meilleur système sur le plan environnemental, mais qui n'ajoutera pas une pression énorme sur la hausse faramineuse des prix de notre épicerie.

Avons-nous réellement exposé la réalité de ce que vont représenter les nouveaux systèmes pour tout un chacun? Non, cela n’a clairement pas été fait.

 

Annick Van Campenhout et Sébastien Nadeau

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